| Nyaaja, auteur-compositeur et interprète de talent |
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Qui es-tu ? Je m’appelle Ndiaya Gueye, j’ai 25 ans, et je vis avec ma famille à Dakar, dans le quartier de La Médina.
Raconte-nous tes débuts : J’ai débuté assez naturellement dans ce métier, j’écoutais beaucoup de musique depuis toute petite. On peut dire que c’est la musique elle-même qui m’a amenée à faire ce métier. J’ai trouvé que c’était un art à exploiter.
Comment as-tu évolué dans ce milieu ? Ça fait 7ans que j’évolue dans ce milieu. J’ai commencé à 18ans, avec un ami qui faisait du rap Metacrazy. On a essayé de partager quelque chose, il n’y a pas eu d’enregistrement mais j’ai beaucoup appris de cette collaboration. Ensuite j’ai continué à me faire de l’expérience avec Sunu System, puis Docta. Docta m’a conseillé d’aller vers Didier Awadi, car il recherchait de jeunes talents. J’y suis allée et je lui ai montré ma maquette. Il l’a apprécié, et m’a proposé de faire partie du PBS Radical avec CarlouD, Awadi lui-même, Tays, Xuman et Baye Souleye. J’y suis restée pendant un an. Puis, j’ai chanté dans le groupe Alif pendant 2 ans, ensuite dans le collectif Farafina Mousso, avec Fatim, Gina et Angélique, pendant 1 an. Je suis en solo depuis 2 ans, mais on peut dire que je le suis depuis le début, car malgré mon engagement dans des groupes, je continuais travailler sur mes projets personnels. J’ai énormément appris de ces collaborations, elles m’ont apporté une formation considérable.
Arrives-tu à vivre de ton métier, ou as-tu une autre activité à coté (job, études) ? Pas vraiment pour l’instant, mais ça va. J’ai déjà prouvé mon talent au public sénégalais. J’arrive à avoir plusieurs spectacles par mois. Si j’ai d’autres activités, en ce moment, je peux aussi les faire, j’arrive à pallier les deux. Bientôt je pourrai en vivre. Ce que je fais a de la qualité, je dirais, et j’y crois.
Quelle est la place et la vision de ce métier au Sénégal ? Il occupe une très grande place. C’est un métier très très influent, qu’on doit faire avec respect. Nous avons une très grande part de responsabilité dans ce pays. On doit le faire comme il faut. Il faut que l’on sache que la musique a pour rôle de faire danser etc. mais aussi de transmettre un message.
Quelles difficultés as-tu rencontré dans ce métier, et que conseilles-tu aux jeunes qui veulent s’y engager ? Le plus dur est d’être une fille dans le monde de la musique, c’est très difficile. Mais quand on y croit, on ne sent plus ça. Si on n’a pas une certaine personnalité et foi en soi même, les gens nous utilisent. Il faut être un « bagnkatt », c’est quelqu’un qui refuse de se faire rabaisser, qui garde la tête haute, qui croit en lui-même et en ses valeurs. C’est ce qui m’a permis d’avancer. Il faut s’y mettre à fond et croire en soi même et en ce qu’on fait. Si on a ça, rien n’est plus dur devant nous. Il faut aussi avoir de la patience, beaucoup de patience.
Nous avons été à ton concert au CCF, et l’avons beaucoup apprécié, quel est ton prochain projet ? C’est la sortie de mon album, et des suivants. Les titres sont inspirés de thèmes fondamentaux. Comme par exemple « Social living », ce sont des paroles censées. Des adultes viennent me voir et me disent que ce que je dis dans mes chansons est vrai, qu’ils le vivent au quotidien. Ils essayent de changer les choses dans leur entourage et pour eux-mêmes. C’est sur tout ce qui ne va pas dans la société. S’il y a quelque chose qui ne va pas c’est à cause de nous, car c’est à nous les jeunes, d’essayer de changer les choses. C’est ce rôle que je donne à ma musique, elle doit servir à quelque chose.
Connaissais-tu Dk2nite ? Que penses-tu du projet ? Je ne connaissais pas encore, mais j’aime cette idée. Je trouve que ça motive quelqu’un qui veut devenir artiste, ça peut lui servir. J’aimerai bien aussi qu’on essaie de faire quelque chose pour les jeunes qui sont dans la rue, qui n’ont pas d’abris. Ya tellement de fléaux dans ce pays, il n’y a que nous qui pouvons gérer ça, pas nos parents. Ensemble on peut trouver une solution.
Quelques images de son dernier concert à l'Institut Français Léopold Sédar Senghor (CCF) en cliquant ici. |
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